À La Haye-Pesnel, la société hippique rurale a changé de braquet : les concours attirent toujours plus de monde, tandis que le centre équestre entre dans une phase de modernisation. Entre inscriptions complètes, nouveaux aménagements et organisation repensée, l’association veut préserver l’élan sans demander aux bénévoles de sauter plus haut que leurs capacités.
La Haye-Pesnel : des concours d’équitation au maximum de leur capacité
Créée en 1946 pour faire vivre l’équitation dans le Sud-Manche, la société hippique rurale s’est imposée au fil des décennies comme un rendez-vous important pour les chevaux et les cavaliers. Le pari du LHP Jump, lancé en 2022, a nettement changé d’échelle : le nombre d’engagés est passé de 304 en 2021 à 604 l’année suivante, avant d’atteindre 1 254 en 2026.
Organisé sur quatre jours, le concours propose notamment un Grand Prix 145, une épreuve Top 7 particulièrement dotée et un Grand Prix de la Société hippique française réservé aux chevaux de six ans. Avec 80 000 € de dotations, l’événement attire un public grandissant : le président Julien Bellet a estimé, lors de l’assemblée générale extraordinaire du 16 octobre 2026, que la structure avait atteint sa capacité maximale.
Un centre équestre modernisé pour accueillir les activités équestres
Depuis le 14 septembre 2026, la SHR est propriétaire du centre équestre grâce à un bail emphytéotique de cinquante ans. Ce changement de statut intervient alors que le site doit répondre à une demande accrue et que la filière cherche de nouvelles possibilités d’accueil pour une partie des compétitions auparavant organisées à Auvers.
La première tranche de travaux, évaluée à 1 078 589 € hors taxes, prévoit notamment l’agrandissement de la carrière de concours en sable et de la carrière de détente. Engagés le 16 août, les travaux doivent permettre la mise en service des nouvelles installations au printemps 2027, avant d’autres étapes envisagées à moyen et long terme. Pour les cavaliers, davantage d’espace signifie aussi des conditions d’entraînement et de compétition mieux adaptées.
Cette transformation rappelle que les infrastructures équestres ont besoin d’une gestion solide pour durer. Les missions de l’Institut français du cheval et de l’équitation éclairent, à une autre échelle, les enjeux de la filière : accompagner les professionnels et soutenir la place du cheval dans le monde rural.
Deux associations pour gérer le site et les concours
Devenir propriétaire apporte de nouvelles possibilités, mais aussi des charges que l’association doit désormais assumer elle-même. Pour trouver des recettes complémentaires, la SHR prévoit de développer de nouvelles activités sur le site, avec notamment la location de boxes et d’espaces destinés à des projets de boutique, de coworking ou de restauration.
Le fonctionnement sera réparti entre deux structures : SHR LHP assurera la gestion, l’entretien et la modernisation du centre équestre, tandis que LHP Jump organisera les concours et les manifestations. Cette séparation, présentée aux adhérents lors de l’assemblée générale, a été approuvée à l’unanimité des 64 membres présents ou représentés, sur les 103 que compte l’association. Les deux entités disposeront chacune de leur comité directeur.
Des conventions d’exploitation encadreront l’utilisation du site par les organisateurs, le centre équestre et les autres utilisateurs, avec une redevance prévue. Ce modèle vise à faire cohabiter plus clairement la gestion quotidienne et les événements sportifs : un enjeu central pour que les prochaines inscriptions complètes ne se traduisent pas par un site à bout de souffle. Le détail de cette organisation en deux entités illustre cette nouvelle étape pour la société hippique rurale.
À La Haye-Pesnel, l’ambition est donc double : offrir des installations à la hauteur de l’engouement et assurer une gestion durable. Les travaux, les nouvelles ressources et la répartition des missions doivent permettre aux activités équestres de continuer à grandir sans perdre leur ancrage local.

















